L’entrepreneur du jour : Caroline Domanine

Cet article continue la série « Questions à mon ami l’entrepreneur » (la présentation est dans l’article pointé). L’entrepreneur du jour est Caroline Domanine.

Coach professionnelle certifiée et trader, j’ai décidé de mettre en accord ses 2 passions et compétences afin de proposer une approche ciblée sur les ressorts comportementaux en trading.

Mon intéret de base en coaching est le processus de performance mentale, largement utilisé dans le monde sportif et le processus de prise de décision rapide. Je travaille a développer des outils inspirés du coaching , de la PNL et des thérapies comportementales afin d’accompagner mes clients sur des problématiques professionnelles. Cette approche est destinée a toutes les professions solitaires et a fort enjeu: trader et chefs d’entreprise (dont je fais partie) mais aussi avocats, médecins urgentistes ou pompiers par exemple.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Autodidacte, mon parcours scolaire ne se résume qu’a 2 mots : niveau Bac, littéraire en plus , autant dire un bagage solide pour se créer une belle carrière a notre époque!

Avide d’aventure et de nouveautés, mon premier emploi était celui de guide accompagnatrice de voyages avec des groupes, généralement seniors; ce qui m’a permis de beaucoup voyager très jeune.

Pour des raisons personnelles et sentimentales, j’ai posé mes valises a St Petersbourg , en Russie pendant 3 ans, avant de revenir en France et de briguer une carrière de commerciale où je me suis bien épanouie de par mon énergie débordante et ma capacité d’écoute. Je suis rapidement devenue directrice commerciale et ai commencé à recruter et a former des équipes de vendeur à domicile pour les lois De Robien. A 25 ans, j’avais besoin de “plus”, plus d’autonomie, plus d’intégrité , plus d’argent; et je savais bien qu’aux vues de mon niveau d’étude, les responsabilités que je réclamais ne me seraient jamais données, je n’avais donc aucun choix, créer mon métier était une question de survie.

Quel a été le déclencheur de votre saut vers l’entrepreneuriat et votre but majeur dans cette aventure ?

Le déclencheur a été la naissance de ma fille, tout a coup , je devenais parent, mon positionnement vis a vis des autres avait changé. Je refusais littéralement toute autorité et ressentais le besoin impérieux de mener seule ma propre barque. Mon but était donc de travailler librement et de gagner beaucoup d’argent. J’ignorais , a l’époque vers quels tumultes je me dirigeais , mais comme le dit si bien Marc Twain : “ c’est parce qu’ils ignoraient que c’était impossible qu’ils ont réussi”, c’est donc délibérément que je préfère laisser tes lecteurs dans l’ignorance; elle est bénie!

Avez-vous eu des peurs qui vous ont bloqué ? Comment les avez-vous surmontées ?

Je suis du genre a faire face aux obstacles une fois qu’ils se présentent. J’ai toujours evité de trop anticipé, peut être est ce une erreur, mais en tout cas, je ne sais pas fonctionner différemment et mon histoire me prouve que j’ai eu raison. Je n’ai donc pas eu vraiment de peurs avant de commencer.

Par contre, une de mes sociétés (j’en ai créé 6 ) , Solatteco , qui avait pour vocation de construire des bâtiments solaires assez grands (entre 1300 et 3000m2) m’a donné un certain nombre de nuits blanches! Ce qui était particulièrement stressant, c’était ma vulnérabilité: entre le début d’un projet et sa réalisation , il fallait compter minimum 18 mois et le gouvernement changeait les règles tout les 6 mois; les lois changeaient donc 3 fois en cours de route! En plus, pour ne rien retirer au plaisir, mon concept me faisait prendre d’énormes risques financiers: un propriétaire de terrain agricole avait besoin d’un bâtiment pour son activité mais n’avait pas les fonds pour le construire, en face , des fonds d’investissements ou des banques voulaient des centrales solaires mais n’avaient pas d’espaces. J’ai donc proposer aux agriculteurs de faire leur projet gratuitement (a mes frais) pour ensuite les faire financer par des banques. De coup , je me suis retrouvé avec des encours faramineux, dans un environnement extrêmement instable sur une durée totale de 4 ans. Solatteco a construit environ 50 bâtiments en 3 ans , j’avais pour habitude de dire a mes amis : “Si je me plante, j’ai le choix entre la corde et l’exil!” et c’était vrai! Cette prise de risque extrême mêlée a la vulnérabilité face a l’environnement était très dure a vivre au quotidien, cela a mobilisé de grandes ressources et m’a obligé a prendre le contrôle sur mon émotivité. Tant mieux car c’est ce qui me permet aujourd’hui de faire du trading!

Quels sont les principaux problèmes que vous avez rencontrés ? Comment les avez-vous résolus ?

Ma première entreprise fut un échec cuisant !

Avec Cogepro Yvelines , je voulais commercialiser des pompes a chaleur, le processus de vente dure généralement mois d’un mois, et , au bout de 8 mois mon chiffre d’affaire était de…… suspense: 0€ ! Aucune vente !

Le constat d’échec et le retour à la réalité a été très violent; moi qui avais l’ambition de créer une entreprise prospère; j’étais loin du compte. C’est donc la mort dans l’âme que j’ai arrêté de me battre pour ce projet mal conçus a la base!

Cet échec, très mal vécu a l’époque, a pourtant bâti les fondation des réussites suivantes :  j’avais appris de mes erreurs !

Alors, quelles erreurs avais- je commis?

  1. Absence de compétence technique
  2. Mauvais choix de partenaires commerciaux (prix, compétences)
  3. Manque de fonds de roulement (ce qui implique que je n’avais pas les moyens de bien m’entourer)
  4. Etude de marché trop succincte (j’étais plus chère et moins compétente que mes concurrents)
  5. Manque d’efficacité dans mon organisation (je brassais de l’air et perdais une énergie folle en actions et déplacements, alors que si j’avais mieux pensé l’organisation j’aurais fait plus, en moins de temps!)
  6. Manque d’adaptation à la réalité du marché (je voulais que les choses fonctionnent comme je l’avais décidé et je n’étais pas prête à me remettre en question pour m’adapter)

Il doit probablement y avoir d’autres erreurs mais celles-ci sont les plus notables.

Ce qui peut être intéressant pour vous, c’est que 6 mois après, riche de cette chute; je créais Solatteco qui a réussi au-delà de toutes mes attentes!

Alors, rater un projet ne signifie pas que vous êtes un raté. La prise de conscience des erreurs peut être la base de réussites futures » Les problèmes principaux rencontrés dans le projet Solatteco étaient liés à mon activité, j’ai dû faire appel a des professions très diverses pour amener ces projets a termes: bureau d’études, assureurs, avocats, architectes, corps de métiers, gardiens, agriculteurs, banques …etc….. Je devais donc passer en 2 minutes d’un avocat a un agriculteur, d’un assureur a un maçon; cela a développé mes capacités d’adaptation.

Aujourd’hui, je suis une femme “caméléon”!

Ensuite, l’administration, je n’ai pas de mots pour le système administratif français, je préfère vite passer le sujet! J’ai résolu cet obstacle grâce au magnifique concept de délégation , faire faire a des gens compétents ce qu’on ne sait pas faire. Au final, je suis devenue chef d’orchestre! J’avais 18 salariés et environ 20 prestataires, sans compter les propriétaires des terrains, ça fait du monde a gérer!

Comment entretenez-vous votre motivation et votre implication sur la durée ?

On ne saute pas d’un train en marche! Sur le projet Solatteco, ma motivation, c’était ma peur de l’échec, c’est donc particulier et c’est pas forcément une référence car il faut avoir un grand équilibre interne pour faire face, j’ai plusieurs fois crue que j’allais y perdre ma raison!

J’ai réalisé d’autres projets moins risqués, ceux en cours a ce jour : JCT Direct, qui est affréteur de jets privé (on est 3 associés!); Missili ma société de gestions de fonds avec laquelle je trade (entre autres), ou mon entreprise personnelle de coaching , ma motivation, je la trouve dans le plaisir, j’adore travailler, créer une activité en partant de rien, et au bout du compte qui me ressemble. C’est une grande satisfaction!

La liberté et le sens de l’aventure sont aussi des moteurs puissants; mais je trouve aussi ma motivation dans ce que je fuis , je ne vais jamais là où les autres vont, et ce n’est possible que si on crée son activité!

Je crois que ce point est important, on cherche généralement la motivation dans ce qu’on cherche uniquement alors que ce que l’on fuis est tout aussi puissant!

Quels conseils particuliers donneriez vous à un entrepreneur débutant que vous auriez aimé vous-même avoir : organisation, efficacité, … ?

La question est vaste! il faut que je réfléchisse et je suis pas habituée!

  • Dissocier l’urgent du nécessaire et du superflu!
  • Programmer les actions importantes, et bien classer les idées et les documents.
  • Savoir s’entourer des bonnes personnes
  • Tenter de limiter l’affect (oui, je sais , pas évident et pourtant….!)
  • Aller là où les autres ne vont pas, oser l’originalité (ça passe par une étude de marché)
  • Éviter le piège de vouloir absolument faire ce qu’on aime, adapter ses goûts a l’environnement car lui ne s’adaptera pas a vous!
  • Avoir l’humilité de changer d’avis si on s’est trompé et avoir la force de persévérer dans son idée si elle est bonne. Pour choisir entre les 2 ? Je ne suis pas Madame Irma non plus!
  • Etre courageux dans ses actes et ses efforts
  • Etre courageux, (oui, je sais, je l’ai dit 2 fois, c’est fait exprès!)

Si vous aviez un message, quel qu’il soit, à faire passer à un apprenti entrepreneur, quel serait-il ?

L’avenir t’appartiens, apprends de tes erreurs, relève toi de tes échecs et ne sois pas raisonnable!

Le livret numérique « Questions à mon ami l’entrepreneur »

Le recueil des interviews déjà réalisées est disponible en téléchargement gratuit.

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Guillaume de komment devenir riche

Bonjour Caroline !

Chapeau bas pour ce beau parcours !! Un cas d’école !
Ne le prends pas mal mais en plus venant d’une femme c’est encore plus impressionnant !

Si seulement le pays avait plus de personnes comme toi, le pays tournerait mieux …

Reply
caroline

Merci Guillaume,

je crois que chacun de nous fait ce qu’il peut avec ce qu’il a, j’ai juste la chance de savoir accepter l’échec sans me sentir dévalorisée personnellement, c’est la seule « qualité » qui fait la différence je crois…!

Caroline

Reply
David@trading

Bonjour,

Suite a cette article je suis allez voir votre site internet -> puis votre vidéo de présentation. Vous vous qualifiez de caméléon je trouve cela plutôt réaliste. Toutefois j’ai une question, aujourd’hui vous vivez du coaching ou du trading ?

Reply
caroline

Bonjour David,

mes ressources actuelles proviennent principalement du trading et des parts que j’ai dans des sociétés que j’ai créé, ma carrière de coach n’en étant encore qu’a ses débuts. Toutefois, ce métier me passionne et je compte bien augmenter ma clientèle une fois que je me serais rendue plus disponible.

Pourquoi cette question?

Reply
Marie

Bonjour,

Je pense qu’effectivement il est important de fixer ses priorité. Nous avons parfois tendance à consacrer trop de temps à tes taches qu’on pourrait automatiser, et gagner ainsi en productivité.

Autre chose de très important, c’est arriver à déléguer et faire confiance à ses équipes, car on ne peut pas faire tout seul…

Reply
caroline

Bonjour Marie,

je crois que le système économique, commercial, administratif, financier, technique etc…. est tellement complexe et varié que personne ne peut travailler seul. C’est l’erreur que j’ai faite avec ma première entreprise, péché d’orgueil et de jeunesse probablement que de se dire qu’on a besoin de personne.

On ne m’y reprendra plus!! Le tout étant de savoir a qui on confie quoi! tout un programme;-))

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Val@Diététicien Lyon

Il faut absolument déléguer ce qui n’est pas notre métier. De nombreuses tachez incombent à des spécialistes. Les faire soit même, c’est perdre du temps.

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Aurélien@Avocat permis

Je suis d’accord Val, encore faut-il bien s’entourer et savoir/pouvoir le faire : coût, compétences…
Bravo à Caroline et bon courage pour ses différentes aventures.

Reply
ben

Bonjour

Je suis d’accord avec toi Caroline, je suis cadre depuis pas très longtemps et ce qui est dure pour moi, c’est de déléguer et de faire confiance a mon équipe.

Même si jusqu’à aujourd’hui ils travaillent vraiment bien et que je n’ai rien a leur dire…

C’est plus fort que moi,je veux tout vérifié

Bonne continuation

Reply
Marc

Votre parcours est très atypique mais ce sont les plus belles réussites. Vous savez d’où vous venez et vous savez que tout ce que vous avez construit c’est grâce à vous !

@Ben : il faut se laisser du temps mais dans tous les cas, le travail d’un manager c’est beaucoup de contrôle de suivi.

Bravo et bon courage pour la suite

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caroline

Bonjour!

Merci de vos messages, c’est des petites douceurs en ces jours de froid Sibérien!

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Ido@Agence de Communication à Lyon

Bonjour Caroline,

Je vous félicite pour votre parcours. Il est très interessant.

Bon courage pour la suite.

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matt

Je suis vraiment fan d’elle, elle a bien expliqué qu’elle a échoué lors de sa première lancée. C’est ce qu’on appelle « the renaissance ». Renaitre de ces cendres, c’est le problème de beaucoup d’entrepreneurs débutants. Pour eux l’échec est une fatalité. Génial l’interview.

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juliette

Votre carrière est très motivante! Vous etes une battante, bravo!

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lima

Je vous félicite pour votre parcours , bon courage pour la suite , et merci pour la partage

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Florence

belle histoire et chouette interview. j’aurais cru les problèmes rencontrés plus nombreux perso, mais il faut croire que vous avez su gérer les situations comme il le fallait. merci pour ce témoignage, ça sera toujours utile.

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