L’entrepreneuse du jour : Elisabeth Quillet

Cet article continue la série « Questions à mon ami l’entrepreneur » (la présentation est dans l’article pointé). L’entrepreneur du jour est une entrepreneuse : Elisabeth Quillet. Elle s’est portée volontaire pour cette série par le biais de l’article présentant ces questions. Je ne peux que la remercier pour cette initiative :-).

Elisabeth Quillet, gérante de l'association CISELS, conseils en séjours linguistiques.

Elisabeth Quillet, gérante de l’association CISELS, conseils en séjours linguistiques.

Depuis 2007, Elisabeth Quillet gère l’association CISELS, conseils en séjours linguistiques. Elle guide et oriente une centaine d’étudiant par an vers des écoles de langues à l’étranger, entre autre pour des séjours linguistiques en Angleterre.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours ?

Je suis Elisabeth Quillet, j’ai 36 ans et je suis tombé dans la potion magique des séjours linguistiques quand j’étais petite. Après un échange scolaire avec des correspondants, encadrés par des professeurs de notre collège, j’ai effectué mon premier séjour linguistique en Allemagne à 12 ans. Il s’agissait d’une formule avec famille d’accueil et cours d’allemand le matin et activités l’après midi.

Enthousiasmée par cette expérience, mes parents m’ont donné la possibilité d’effectuer de nombreux autres séjours en Allemagne et en Angleterre. J’ai effectué mon dernier séjour à Cambridge à l’âge de 22 ans dans une école d’anglais qui existe toujours.

Peu après la fin de mes études en Allemagne, j’ai travaillé dans des écoles de français pour étranger sur la Cote d’Azur et connaitre le fonctionnement des écoles de l’intérieur.

Sur proposition d’une agence allemande qui envoyait ses clients dans l’école où je travaillais, j’ai décidé de créer une structure partenaire qui deviendrait l’antenne française de cette agence. Peu après, l’agence allemande a fermé ses portes et j’ai commencé à gérer la structure seule.

Association CISELS, conseils en séjours linguistiques.

Association CISELS, conseils en séjours linguistiques.

Quel a été le déclencheur de votre saut vers l’entrepreneuriat et votre but majeur dans cette aventure ?

Je n’avais pas pour projet initial de travailler seule. Mon partenaire allemand était au départ très engagé dans la création de mon bureau et envisageait même de me salarier. Sentant qu’il serait préférable d’établir un partenariat avec un système de commission, je me suis rapprochée du pôle créateurs d’entreprises de l’ANPE qui m’a orientée vers une formation AFPA pour créateurs d’entreprises. A la suite de cette formation, il m’a semblé plus raisonnable et plus en adéquation avec la notion de service que je voulais mettre en place de créer une association loi 1901.

Avez-vous eu des peurs qui vous ont bloqué ? Comment les avez-vous surmontées ?

Lors de ma formation pour créateurs d’entreprises, j’ai été assez effrayée par le côté « business » qu’il allait falloir donner à la structure et peu à l’aise avec le monde des affaires, j’ai failli faire marche arrière. De plus, avec des impératifs tels que les arriérés de l’URSSAF de la troisième année, le chiffre d’affaire à dégager allait être tellement important qu’il ne deviendrait pas possible d’accorder aux clients une bonne écoute une bonne qualité de service. La solution de l’association était rassurante. Elle me permet d’être une vraie salariée et de déléguer au trésorier et au président des responsabilités financières et juridiques trop lourdes lorsqu’on est vraiment seul.

Quels sont les principaux problèmes que vous avez rencontrés ? Comment les avez-vous résolus ?

L’abandon soudain de l’activité par mon partenaire allemand a été une source d’angoisse importante.

Je ne connaissais encore pas toutes les écoles, je n’avais pas encore de recul sur les produits. Je m’en suis finalement bien sortie en prenant directement contact avec les écoles, en posant des questions « pièges » et en participant à des salons professionnels type « workshop » ainsi qu’à des voyages professionnels pour visiter les établissements. J’ai appris très vite et j’ai ressenti comme un vrai atout le fait d’avoir baigné dans les séjours linguistiques depuis si longtemps.

L’organisation de séjours à l’étranger nécessite un nombre très important de démarches administratives lourdes, telles que l’obtention d’un agrément.

Ma formation universitaire (langues étrangères appliquées) avec un tronçon important de cours de droit m’a été d’un grand secours et le président et moi avons réussi à nous mettre en conformité avec la législation.

Le fait de travailler le plus souvent seule peut être lourd lorsque par exemple on créé une vie de famille et l’on se voit obligé de mettre de côté une partie de son activité. Ce fut le cas du site internet, autrefois bien référencé mais qui s’est retrouvé très loin sur google et peu visité, n’ayant pas pris le temps ni de le mettre à jour, ni de maintenir son référencement  pendant mon congé de maternité. Le déréférencement des forums sur google, une de nos principales source de visiteurs, a également été un coup dur. Il a fallu beaucoup de temps pour tout rattraper, recréer le site à partir de zéro, et reprendre le référencement. Dorénavant nous sommes relativement bien positionnés et cela progresse tous les jours.

Comment entretenez-vous votre motivation et votre implication sur la durée ?

La motivation n’est pas vraiment un problème lorsque l’on exerce un métier-passion. Parfois il est difficile de travailler à 100% pendant les heures de travail, surtout avec des enfants en bas-âge. Le plus motivant et le plus gratifiant est le taux de retour, ainsi que les personnes qui s’adressent à moi grâce au bouche-à-oreille. Les petits messages de remerciement à l’issue des séjours sont une joie renouvelée. Que dire de cette dame adorable qui m’a envoyé un petit cadeau pour la naissance de mon enfant ? J’en ai eu les larmes aux yeux.

Pour maintenir et développer l’activité, j’aimerais bien recruter quelqu’un qui soit un peu plus commercial que moi. Je réponds volontiers aux appels et messages mais j’ai du mal à aller au devant des gens et m’imposer.

Quels conseils particuliers donneriez vous à un entrepreneur débutant que vous auriez aimé vous-même avoir : organisation, efficacité, … ?

Que l’on travaille à son compte ou comme unique salarié d’une petite structure, il est important d’être très bien entouré et de ne pas rester seul.

Entre deux assureurs ou deux banquiers, si les tarifs sont équivalents, choisissez celui avec lequel vous avec le plus d’atomes crochus et à qui vous oserez poser des questions « off ». Cela aide à se sentir moins isolé si des amis et des proches travaillent dans des secteurs compatibles, c’est un réel avantage.

Un luxe que je peux me permettre, mais qui n’est pas possible pour tout le monde est de pouvoir aussi dire non à ses clients et de ne pas courir après une vente. Je vous donne un exemple concret : un client veut envoyer son fils de 15 ans aux Etats Unis en dehors de la période de vacances scolaires. Un seul établissement là bas propose cette prestation. Or, l’établissement en question n’est pas de très bonne qualité. Je préfère dire au client de quoi il en retourne plutôt que de prendre le risque de gérer une plainte au retour de l’adolescent.

Certains auto-entrepreneurs se lancent sans formation à la création d’entreprise. C’est vraiment risqué. Ce n’est pas parce que l’on est très bon dans son domaine de travail que l’on est bon en gestion ou en marketing. Je ne saurais que trop recommander d’effectuer la formation la plus complète possible.

Si vous aviez un message, quel qu’il soit, à faire passer à un apprenti entrepreneur, quel serait-il ?

Les auto-entrepreneurs et les autres « travailleurs solitaires » connaissent tous le bonheur de travailler en pyjama et de ne pas passer plusieurs heures par jour dans les transports. Mais parfois, une discussion animée devant la machine à café nous manque un peu. Il serait parfois agréable dans notre solitude professionnelle du quotidien de nous rencontrer un peu plus. Une initiative collective pour généraliser des « ateliers d’artistes » avec un bureau pour chacun mais une machine à café pour tous et éventuellement un salon d’accueil pour les clients serait vraiment appréciable car elle parviendrait à redonner un lien social qui aide énormément  au maintient de la motivation.


Le livret numérique « Questions à mon ami l’entrepreneur »

Le recueil des interviews déjà réalisées est disponible en téléchargement gratuit.

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luc@créer une entreprise

Article particulièrement intéressant, d’autant que j’interroge également parfois des entrepreneurs et que le rendu d’une interview est toujours difficile à mettre en forme.

Ce qui m’aurait intéressé plus en détail, c’est la forme juridique choisie pour exercer cette activité. Une association est en effet un parfait moyen de se lancer mais le statut d’auto-entrepreneur aujourd’hui évite les cotisations URSSAF qui inquiétaient tant (et qui inquiètent encore ceux qui doivent acquitter des cotisations forfaitaires puis des régularisations toujours difficiles à anticiper). Les avantages de l’association sont cités (aides du président et trésorier) mais cette structure est-elle destinée à évoluer (ou création d’une structure parallèle) ?

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Michael

Merci pour cet interview, c’est très intéressant d’avoir un retour d’expérience des entrepreneurs.

Ou peut on trouver des formations en gestion et en marketing?

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Karine@Chat mignon

Le site Cisels est très bien fait, l’idée est très bonne, bravo a cette jeune entrepreneuse en espérant que les affaires continuent à bien marcher pour elle :-)

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Vince @bon plan

Bonne interview, très intéressante avec de bonnes idées ! Merci !

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Arnaud

C’est vrai que parfois c’est difficile de discuter tout seul devant son café !!!

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Arthur

Très intéressant ! Tout à fait d’accord sur l’aspect = fournir un service de qualité à ses clients !!! Pour le café, il pourrait etre intéressant d’avoir un site internet « www.pause-cafe-entrepreneur.com » qui serait une salle de café virtuelle ;)
Bonne continuation

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CISELS

Bonjour,

Merci pour ces remarques intéressantes.
@luc : Pour l’instant la structure sera probablement amenée à évoluer d’ici le milieu de 2012 avec le recrutement d’un collaborateur. Le but à la base n’était pas de gagner un maximum d’argent mais de créer un revenu stable, en adéquation avec mes valeurs. Au delà d’un certain chiffre d’affaires cependant, l’association sera confrontée à l’impôt sur les sociétés, voire la TVA.
Pour ce qui est de la formation, j’ai fait une formation pour créateurs d’entreprises à l’AFPA de Nice. Celà a duré 3 mois. J’ai été également suivie en pépinière d’entreprise et c’est là que l’ont m’a conseillé le statut d’association qui me convenant tout à fait (pas de statut d’auto-entrepreneur à l’époque). Les deux prestations ont été financées par l’ANPE.

Elisabeth

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luc

« pas de statut d’auto-entrepreneur à l’époque » : l’association (activité commerciale, donc IS effectivement) semble effectivement parfaitement en accord avec vos motivations. Mais sans les renier, vous pourriez aujourd’hui cumuler votre statut de salarié de l’association avec des prestations d’auto-entrepreneurs. N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez également une interview sur mon site. Bonne continuation.

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greg

Se lancer dans une expérience d’auto-entrepreneur est une chose très intéressante, mais j’avoue que j’hésite. Comme le souligne l’interview à la fin, la sociabilité que suscite le travail en entreprise est stimulante. Elle crée des contacts, permet de rencontrer des gens, de tisser des liens enrichissants

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Grégory

@luc: Merci pour tes remarques et question intéressantes. La réponse est un peu plus bas …

Je n’aurais pas envisagé de créer une association pour exercer une activité. Il me semble qu’aujourd’hui le statut d’autoentrepreneur est le plus intéressant, non ?…

Luc, je constate que ton site est l’un de ceux que j’ai consulté, avec bonheur, pour me rensigner sur les différents status … Te retrouver sur mon blog me fait sourire et plaisir :-)

@Arnaud: Au moins, on est toujours d’accord !

@Arthur: Hum … Intéressante comme idée … Je la garde sous le coude :-)

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CISELS

Je ne sais pas si le statut est plus intéressant, cela dépend de son projet. En 2006 le statut n’existait pas donc la question ne s’est pas posée. Pour la cotisation retraite et les congés maternité je pense que le statut de salarié est quand même assez intéressant. A l’époque, les critères pour exercer une activité de nature touristique nécessitaient un agrément qui a été obtenu grâce aux diplômes et à l’expérience de la vice-présidente de l’association. De nos jours, mon bagage universitaire et mon expérience professionnelle serait suffisants car les critères ont changé.

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seb@produit gratuit

Très bonne interview qui nous montre les aspects positifs mais aussi quelques peu négatifs sur le statut de l’auto entrepreneur. C’est toujours bon d’avoir un retour d’expérience des entrepreneurs avant de pouvoir franchir le pas.

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