Vérifiez toujours les dents du cheval !

Sous prétexte qu’on vous donne quelque chose, vous devriez l’accepter. Or c’est comme cela que vous pourriez vous retrouver avec un espace de vie encombré et sclérosé. Pire, les idées fausses et les croyances limitatives vous sont ainsi servies sur un plateau. Soyez attentif et sélectif !

Vérifiez toujours les dents du cheval. Et soyez attentif aux croyances limitatives qu'on veut vous faire gober !

Vérifiez toujours les dents du cheval. Et soyez attentif aux croyances limitatives qu’on veut vous faire gober !

En règle générale, je suis assez fan des proverbes et autres citations. Elles cachent souvent des petites perles de sagesse, des conseils pertinents à considérer et des leçons pré-mâchées que nous pouvons apprendre bien plus facilement. Autant d’inspiration pour un quotidien et une vie meilleurs.

Cependant, ces proverbes cachent parfois de belles conneries.

L’un de ces proverbes, peut-être le chef de file de ces proverbes à conneries, c’est :

à cheval donné, on ne regarde pas les dents.

En gros, on vous donne quelque chose ? Ne faites pas la fine bouche et prenez-le ! Et n’oubliez pas de dire « merci ».

Quelle connerie …

On me donne quelque chose et, sous prétexte que cela ne coûte rien, que c’est fait pour me faire plaisir et que l’intention est bonne, je dois le prendre ?

Et bien non.

Pour commencer, on pourrait discuter du « c’est fait pour faire plaisir » et «  l’intention est bonne ». C’est fait pour faire plaisir à qui ? À celui qui reçoit ou à celui qui donne ? Et puis qui me dit que, malgré le large sourire, l’intention est vraiment bonne ? Bon, je chipote et je taquine. Cela étant, je pense qu’il y a un peu de vrai là dedans …

Ensuite, se pose la question du coût. Il est évident que le coût d’acquisition est nul. On me donne quelque chose, et je n’ai rien à dépenser.

Cependant, le coût d’acquisition n’est pas le seul coût à considérer. Il y a bien d’autres : le coût de stockage, le coût d’entretien, le coût d’utilisation, le coût de possession, le coût d’assurance, le coût affectif, le coût émotionnel, …

Quand on vous donne quelque chose, vous ne pensez pas toujours à ces coûts cachés. Pourtant, ils existent. Ils sont réels et bien là. Et sur la durée, ces coûts peuvent devenir énormes et vous plomber.

D’autant plus qu’il y a 2 types de don qu’on peut vous faire …

Les cadeaux et les dons

Le premier type de don, le plus évident, c’est ce qui est matériel. Un objet, quel qu’il soit.

En gros, on vous fait un cadeau ou un don. Et un nouvel objet fait maintenant partie de vos possessions. Or toutes vos possessions ont un coût, en plus du coût d’acquisition. Et ce cadeau n’y échappe pas.

Le premier de ces coûts, c’est le coût de stockage. Il est sur que chaque objet en lui-même ne monopolise pas forcément beaucoup d’espace. Mais à force d’accumuler des objets, même petits, votre espace de vie est de plus en plus rempli. Jusqu’à en être encombré et étouffant. La conséquence ? Vous vivez mal. Et vous vous tournez vers l’acquisition d’un logement plus grand. Et vous pouvez ainsi poursuivre et entretenir ce cercle …

Avant d’accepter quoi que ce soit, posez-vous la question de son utilité et du service qu’il vous rend. Et faites un ratio, imaginaire, entre ce bénéfice et les coûts masqués de cette nouvelle possession.

Oui, c’est un peu abrupt parce que cela met de coté le plaisir d’offrir et le plaisir de recevoir. Mais soyez honnête : vous n’avez jamais reçu de cadeau dont vous vous êtes dit, au fil du temps, qu’il s’agissait d’un cadeau empoisonné ?… Et puis, tant qu’à offrir et recevoir, et tant qu’à vouloir faire plaisir, offrez le plus précieux des cadeaux : votre temps et votre attention.

Je pourrais continuer et écrire un article bien long uniquement sur nos possessions matériels …

Je le ferais peut être plus tard. Mais pour commencer, et pour me simplifier la vie :-), je vous renvoie vers 2 autres articles.

Le premier article concerne mon approche des cadeaux . Cette approche est peut-être excessive et ne conviendra/plaira sûrement pas à tout le monde. Elle a le mérite de me convenir :-) et de me permettre de contenir mes possessions. Ne la rejetez pas en bloc et prenez le temps d’y réfléchir.

Le second article est de Jonathan et considère nos possessions sous la question qui possède qui ? Une question un peu excessive au premier abord, cette question n’en est pas moins pertinente. Elle se rapproche de ce que j’ai appelé les coûts affectif et émotionnel.

Pour aller plus loin, je vous conseille aussi la lecture de « L’art de l’essentiel » de Dominique Loreau.

Il n’est ni simple ne facile de refuser des cadeaux. Et cela peut même déborder sur son rapport avec ses possessions matérielles et sur ses habitudes d’achat et de consommation. Vaste programme ! Mais ce petit bout d’article n’a pas cette ambition. Seulement celle de vous faire prendre conscience et de vous faire réfléchir à l’impact d’accepter tous les objets matériels. Ce qui serait déjà beaucoup.

Pour autant, cet article n’est pas terminé. Car il reste le 2° type de don. Le plus pernicieux et le plus dévastateur …

Les conseils, les renseignements, les proverbes, …

Ce second type, c’est tout ce qui est immatériel :

  • les conseils, ceux que nous donnent sans qu’on les demande, et ceux qu’on demande à la mauvaise personne ;
  • les préjugés et les idées toutes faites ;
  • les actualités ;
  • les proverbes à conneries :-)

Tous ces trucs là, on n’y prête pas attention. Et pourtant, à la longue, cela fait son petit effet.

En fait, c’est le pire des canassons que vous pouvez recevoir. Et celui-là, croyez-moi, il a les chicots bien pourris. Ne prenez même pas le temps de les vérifier : refusez la bête !

Pourquoi ?

Parce que tout cela engendre des idées fausses et de croyances limitatives sur le monde qui vous entoure et les possibilités qu’il vous offre, et sur vos propres capacités et ambitions.

Et immanquablement, sur la durée, cela vous ternira, vous rongera et vous flétrira.

Ne vous laissez pas faire et mettez un droit de passage élevé à toutes les informations qu’on vous fournit, que vous les ayez demandé ou pas.

On ne s’en rend pas compte, mais nous sommes très exposés à ce genre de choses. En particulier quand cela vient de nos proches qui sont animés des meilleures intentions et veulent nous faire plaisir rendre service. Comme lorsqu’ils nous offrent des cadeaux :-) Or, ils ne sont souvent pas plus expert que nous et leurs « conseils » sont surtout le reflet de leurs propres peurs et croyances limitatives.

Je suis un peu dur avec nos proches. Mais je vous rassure : ce ne sont pas les seuls à pouvoir être de mauvais conseils ! Les collègues de bureau, la boulangère, la télévision, les journaux, les actualités, la factrice, vos voisins, les proverbes et les citations, … La différence, c’est que nos proches nous aiment et qu’on les aime :-)

Soyez attentif aux conseils et renseignements qu’on vous donne, ainsi qu’à vos habitudes et schémas de pensée qui s’appuient sur des vérités relatives et prises comme absolues. Et tant qu’à demander conseil, faites le auprès de quelqu’un qui a une véritable expertise. Ne faites pas comme ma belle-maman qui me demande conseil en mécanique. En informatique, je ne dis pas. Mais en mécanique …

Une méthode simple et plutôt efficace de se prémunir de ce genre de choses, c’est d’utiliser les 3 passoires de Socrate :

  • cette information est-elle vraie ?
  • cette information est-elle bonne ?
  • cette information est-elle utile ?

Les questions sont à « adapter » à la situation. Par exemple, « cette information est-elle vraie ? » peut devenir « ce conseilleur est-il compétent ». Sans la prendre telle quel, ni la suivre au pied de la lettre, cette méthode fournit un premier filtre pour se prémunir des croyances limitatives qu’on peut vous offrir.

Conclusion

« À cheval donné, on ne regarde pas les dents » est un très mauvais conseil. Mais il est aussi un excellent moyen de se rappeler de faire le contraire : interrogez-vous sur l’utilité et la validité de tout ce qui vous est ou vous a été donné.

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Mikie

Comme prévu, je ne suis effectivement pas du tout d’accord =) Tout dépend bien sûr du type de cadeaux (il y en a qui sont totalement empoisonnés), mais jamais au grand jamais je ne ferais la moindre réflexion concernant l’encombrement créé par l’objet (peut-être parce que je n’ai pas trop de remord à m’en séparer quand besoin est). Je trouve que c’est une réflexion très froide par rapport à des personnes qui ont un geste purement humain et qui ne sont peut-être pas du tout concernés par le développement personnel.
Je garde un carton avec les anciens cadeaux qu’on a pu me faire, parce que l’encombrement de cette pauvre petite boîte n’est rien par rapport aux souvenirs de personnes, de moments qu’elle peut me rappeler =)
Toute fois, bien que je n’y adhère personnellement pas vraiment, je comprends tout à faire votre point de vue, disons juste qu’il ne correspond pas à mes volontés propres!

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Nathalie

Je suis tout à fait d’accord avec toi. Tous les proverbes (parfois injustement qualifiés de sagesse populaire) ne sont pas bons à suivre. Et celui que tu cites est d’ailleurs particulièrement discutable!

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Sophie

J’aime beaucoup cette réflexion autour de ce proverbe et je suis en accord complet avec toi. Enfin après bien évidemment heureusement qu’il existe des cadeaux sincères pour lesquels on s’attachera et qu’on ne se souciera pas du tout de l’encombrement ou autre « point négatif »…

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Julien d'investir dans des parkings

SAlut Grégory,

quand les amis en prennent plein la gueule, alors qu’ils n’ont rien demandé !
Non, je déconne, tes conseils sont précieux.
Pour le premier concernant les cadeaux matériels, si personne ne les acceptait, mes garages seraient presque vides ;-)
Pour le second conseil, le mieux reste de demander à quelqu’un qui a déjà fait ce que tu veux réaliser. Les livres restent une source importante de contenus de qualité par des auteurs sérieux (attention aux blogs, hein !)
A+

Julien

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adam@grossir

L’expression signifie surtout que si on te donne quelque chose de qualité tu ne fais pas la fine bouche. Un cheval, pas un objet quelconque ;)

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Oldham@Traitement transpiration excessive

Excellents conseils que d’ailleurs j’applique quotidiennement. Surtout pour un achat personnel, je me pose la question suivante : est-ce vraiment utile et nécessaire? Concernant les cadeaux, c’est en fonction de ces « coûts » cachés que je les garde ou pas.

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Quentin

Les asiatiques au moyen ages parlaient d’éléphant blanc :
Les chefs d’états se faisaient et se font toujours des cadeaux entre eux. En Asie, il était coutume de donner un éléphant blanc ‘albinos) lors des visites officiels. Pourquoi, parce que c’est beau et rare.
Sauf que c’est fragile. Aussi, l’éléphant blanc reçu coutait la peau des fesses à entretenir et pourtant, il fallait le faire ne serait ce que pour des raisons diplomatiques.

Aujourd’hui, l’expression est restée pour des investissement de prestiges qui ne servent à rien.

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isabelle

Salut, je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites. En effet, la valeur d’un cadeau c’est le geste, si quelqu’un vous offres un cadeau de valeur, je trouve que c’est un acte de générosité spontané. Personnellement, je pense qu’un cadeau n’amène aucune contrepartie, un cadeau qui vient du cœur, je l’accepte sans doute. Merci encore une fois pour cat article. Amicalement

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Edwige

Je suis d’accord avec le fait qu’il ne faut pas se laisser envahir que ce soit matériellement ou mentalement.
On peut très bien le faire de façon subtile, en partageant avec ses proches sur ce que l’on aime ou pas. Si vos proches offrent des cadeaux pourris, c’est peut-être aussi parce que vous ne vous dévoilez pas assez, où ne partagez pas assez de temps avec eux.
Et si le cadeau n’est pas à votre goût, on peut le faire comprendre avec diplomatie et humour pour éviter que cela se reproduise. Si ce sont des personnes qu’on ne va pas revoir, le cadeau peut directement partir à la poubelle!

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kaizen

En somme, il faut être un peu intelligent pour lire entre les lignes. Il ne faut pas admettre tout sans la moindre réflexion. Il faut réfléchir pour savoir filtrer, pour savoir distinguer et enfin pour savoir choisir. C’est la différence majeure entre nous et les animaux.
Vos conseils sont si intéressants et il faut en profiter.

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Didier@Formation informatique Mulhouse

Excellent ! Qu’est ce que j’ai aimé cet article, et surtout les différentes touches d’humour. En tout cas c’est vrai que « l’analyse » de ce proverbe sous cet angle est intéressante et permet de voir certaines choses sous un angle différent de d’habitude.

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fabrice@ pme job

Il est drôle cet article. Personnellement, quand un client me donne des cadeaux , je les acceptes pas, sauf s’il s’agit du chocolat, bonbons… car je trouve ca immorale d’accepter un cadeau de valeur de la part d’un client, sinon dans ma vie personnel, j’accepte tout sorte des cadeaux, il faut pas confondre entre la vie privé et la vie professionnel! encore une fois merci pour cet article. amicalement

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gab

Le proverbe:« À cheval donné, on ne regarde pas les dents » est une parole d’escroc,qui incite comme si bien expliqué dans cet article à faire le contraire il faudra regarder de très près l’état des dents d’un cheval »donné »

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Didier

Bonjour,

Discernement, cela s’appelle. Maintenant si quelqu’un me donne quelque chose et que je le prends, c’est moi qui le prends. Ma responsabilité est donc engagé. Et si je prends tout ou n’importe quoi à tout venant ? Pourquoi ? Est-ce que je me sentirai si nul, ou vide ou ??? que j’ai besoin de remplir mes poches de trucs et de broles et ma tête de conseils et d’idées ?
Avant de regarder l’autre, regardons-nous nous même avec ce que l’on met dans ce nous-même. Discernement, cela s’appelle.

Pour Socrate, cette passoire est une passoire pour moi et je ne comprends pas trop comment il est possible d’affirmer avec certitude pour beaucoup d’objets immatériels : si l’information est vraie, bonne ou utile ? Juste le « je n’en ai pas envie » me semble honnête et authentique.
En général je n’aime pas les choses établies, pour moi la vie n’est pas comme cela.

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