Ralentir pour réussir : le petit guide pour réussir sans se presser

Ralentir pour réussir ? Quelle curieuse idée ! Pour réussir, pas de temps à perdre : il faut agir. Et vite ! Et bien non. Car ralentir n’est pas perdre son temps. Ralentir, c’est récupérer et souffler, c’est réfléchir et préparer, c’est prendre son élan et avancer intelligemment. Ralentir, c’est un investissement pour mieux réussir. Suivez le guide : je vais vous expliquer pourquoi et comment.

Cet article est ma contribution au festival « À la croisée des blogs» proposé par la communauté de développement personnel. Ce mois-ci, l’organisateur est Alexandre, du blog Céclair et sa proposition de thème est « Ralentir pour réussir ». J’essaie d’y apporter ma modeste contribution …

ralentir-pour-reussir

L’été, la chaleur, la canicule parfois, les vacances, …

Bien que nous ne soyons pas tous en vacances, nous sommes tous en plein dans cette période où tout nous pousse à lever le pied et à ralentir.

Et c’est bien compréhensible.

Cela étant, il n’y a aucune raison d’attendre la période estivale pour lever le pied et ralentir.

En fait, ralentir est tellement bénéfique que je considère que c’est un art qu’il faut savoir cultiver et une activité qu’il faut protéger et planifier.

Si si, carrément !

Ce n’est donc pas pour rien que j’ai déjà publié quelques articles sur le thème “ralentir” :

  • un premier article qui aurait fait une parfaite réponse à ce thème ;
  • un second article où je prend exemple sur la Nature qui lève le pied en hiver, comme quoi les saisons ne veulent vraiment plus rien dire :-)
  • un troisième article où j’explique que s’activer sans se stresser ni se presser, c’est possible ;
  • dans une moindre mesure, j’ai aussi écrit sur l’importance de prendre du temps pour soi.

Avec tous ces articles, je pourrais avoir le sentiment du devoir accompli et décider de m’arrêter là.

Et puis, il fait chaud, ça ne m’incite pas à travailler …

Mais, comme le dit Alexandre, ce thème, « ralentir pour réussir », a un petit quelque chose de contradictoire et un petit goût de revenez-y.

Donc j’y reviens :-)

En fait, il y a cette dérangeante sensation que ralentir et réussir n’ont pas grand chose à voir l’un avec l’autre.

Ralentir, c’est lever le pied, c’est prendre son temps, c’est (presque) ne rien faire.

Réussir, c’est agir, c’est s’activer longuement, c’est (parfois) se prendre la tête.

Et la réussite appelle la réussite et donc encore un peu plus d’action …

Pourtant, oui, je l’affirme : ralentir, c’est aussi utile pour réussir.

Pas seulement, bien sur. Mais pour le sujet qui nous intéresse, la réponse est oui.

Pourquoi ?

Mais comme une aussi simple affirmation n’est pas encore une démonstration, voyons ce qui m’incite à autant de certitudes.

Vous verrez que j’enfonce quelques portes ouvertes. Mais même si, comme l’affirme l’expression, ça va sans dire, il n’en reste pas moins que, souvent, ça va mieux en le disant. Ou, en l’occurrence, en l’écrivant.

Pour récupérer

Nous ne sommes pas des machines : nous avons tous besoin de souffler et de récupérer, de nous détendre et de nous reposer.

Et encore, même les machines ont besoin de révisions, de réparations et de menues interventions. Alors nous autres, fragiles humains …

À noter que récupérer s’entend autant du point de vue physique que du point de mental.

Pour préparer

Agir pour agir, se précipiter, cela ne mène pas forcément très loin.

Sur un coupe de chance, ou sur un malentendu, pourquoi pas. Ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux ? Mais cette recette ne marche pas à tous les coups.

Il est préférable de prendre son temps, de réfléchir et de préparer son coup.

Il est évident que rien ne remplace l’action, car il n’y a pas de succès (ou même de bonheur selon certains) sans action. Mais sans réflexion ni préparation, l’action n’est rien perd beaucoup de sa portée.

Stephen Covey vous expliquerait que toute création s’opère en 2 temps :

  1. d’abord la création mentale : savoir dès le départ où vous voulez aller ;
  2. ensuite la création physique : donner la priorité aux priorités et agir.

Vous l’aurez deviné, ralentir aide à ne pas louper cette première étape de la création mentale

Bien sur, il ne faut tomber dans le piège de la paralysie par la réflexion ou l’analyse : à trop préparer, on finit par ne rien faire.

Il y a presque autant d’inconvénient à réfléchir au moment de l’action qu’à agir sans penser. Sosthène de La Rochefoucauld, militaire et homme politique français (1785-1864).

Pour faire le point

Merci Sosthène, la partie finale de votre citation, agir sans penser, me permet de faire lien avec mon argument suivant …

Ce n’est pas uniquement avant l’action que ralentir, afin de privilégier la réflexion, est recommandé.

Tout d’abord, c’est recommandé après l’action, c’est à dire à la fin d’une séance de travail, d’un projet ou d’un chantier.

Faire le point après une réussite, c’est toujours utile pour en ressortir et de pérenniser les bonnes pratiques. Mais faire le point après un échec, c’est aussi utile pour éviter de reproduire les mêmes erreurs ou d’emprunter les mêmes ornières.

Ensuite, faire le point pendant l’action, c’est pas mal non plus. Cela permet de corriger le cap afin d’éviter l’échec, voire déterminer s’il faut arrêter les frais. Cela permet aussi d’éviter de s’éparpiller et de rester concentré sur les tâches essentielles.

Comment ?

J’espère que mon argumentaire précédent vous aura convaincu de l’utilité, que dis-je, de la nécessité, de ralentir.

J’espère aussi que vous ne verrez plus vos moments de repos comme autant d’obstacles sur votre chemin de la réussite. Ce sont en fait autant d’étapes nécessaires à votre réussite.

Pour autant, être convaincu n’implique pas nécessairement de savoir faire.

Voici donc quelques actions essentielles pour bien ralentir.

Vous verrez que, là encore, on reste dans le classique. Pourquoi chercher une technique nouvelle alors que vous savez déjà comment faire ?

Si, si, je vous assure …

Prendre soin de son corps

Prendre soin de son corps implique de ralentir.

OK, pas toujours. Faire un petit jogging, c’est aussi prendre soin de son corps. Pour autant, ce n’est pas ralentir. Sinon, c’est marcher. Ou faire du surplace.

En fait, je ne saurais que trop vous encourager à avoir une activité physique régulière : jogging, natation, vélo, tennis, … C’est bon pour le physique et pour le moral.

Voilà donc un très bon premier point.

Cependant, caler une activité physique dans un programme (sur)chargé, ce n’est pas recommandé. Et il y a d’autres moyens de prendre soin de son corps qui sont compatibles avec le fait de ralentir.

  • Tout d’abord, bien dormir et faire des siestes. Oui, le sommeil est important : ce n’est pas une perte de temps et vous ne devriez jamais le négliger.
  • Ensuite, faire des pauses régulières durant le travail. C’est un fait : votre attention diminue avec le temps. Au-delà des 90 minutes, votre cerveau est fatigué : faites-le souffler. J’en reparle plus bas.
  • Enfin, bien s’hydrater. Non, il n’y a pas que les personnes âgées qui doivent boire par forte chaleur. Vous aussi. Et même s’il ne fait pas si chaud. En fait, quand vous avez soif, c’est déjà trop tard.

Vous connaissez ce proverbe ?

On ne perd pas son temps en aiguisant ses outils. Proverbe français

Et bien les conseils précédents vous permettent d’entretenir et d’aiguiser cet outil qu’est votre corps. Et comme vous n’en avez qu’un, vous devriez vraiment en prendre soin.

En plus, tous ces conseils vous permettent aussi de prendre soin de votre mental.

Prendre soin de son mental

Et ça aussi, c’est important.

La fraîcheur mentale peut même suppléer un manque de fraîcheur physique.

En appliquant tout ce qui est écrit au-dessus, vous veillerez à la fois à votre fraîcheur physique et à votre fraîcheur mentale.

Et vous pouvez aller plus loin en :

  • lisant : c’est une vraie activité de repos et de détente qui peut aussi vous permettre de vous former, de vous préparer ou de vous motiver. Une activité couteau-suisse ;
  • prenant du temps avec ses proches : parce qu’il n’y a pas que le travail et les collègues de bureau dans la vie ;
  • en vous divertissant : celle-là, vous auriez pu la trouver tout seul, on est d’accord. Et il n’y a pas que les grandes vacances : un petit week-end, une soirée reste-toile, un pique-nique, une soirée jeu, …
  • en méditant : là, on est en plein dans le ralentissement. La méditation, même allégée, est une technique que vous devriez utiliser. Lisez l’article lié pour en savoir plus.
  • en respirant profondément : 3 à 10 respirations profondes, faites en se concentrant sur son ventre, apportent un vrai plus en termes de détente et de concentration. À cumuler avec un verre d’eau bu, lui aussi, en toute conscience. D’ailleurs, ça permet aussi de bien s’hydrater (voir plus haut).

Ces quelques conseils vous permettent d’entretenir et d’aiguiser un autre aspect de votre être : après le corps, le mental.

Certains de ces conseils peuvent sembler anodins ou hors contexte. Pourtant, appliqués en toute conscience, ils permettent un retour au moment présent et à soi. Et cela favorise une décontraction profonde et une sérénité retrouvée. Rien de tel pour garder ses capacités (motivation, attention, énergie) au top.

Faire des pauses

Vous êtes maintenant paré et reposé, frais et dispos. Vous passez maintenant à l’action.

Passer à l’action ne signifiant pas se précipiter, prendre le temps de la réflexion permet d’optimiser son temps et son énergie, de viser juste et d’augmenter ses chances de réussite.

Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d’action. Henri Bergson , philosophe français (1859, 1941)

Voici 3 moments clés au cours de la journée pour ralentir, lever le pied et réfléchir.

En début de journée

Le début de journée, avant que les imprévus surgissent et que vous ne soyez emporté dans le tumulte de la journée, est le moment idéal pour choisir les quelques tâches essentielles que vous voulez traiter.

Il ne s’agit pas de sauter à pieds joints et les yeux fermés dans l’action.

Il s’agit de choisir, chirurgicalement et consciencieusement, ce à quoi vous allez consacrer votre énergie et votre attention les quelques heures qui viennent. Autant choisir ce qui aura le plus d’impact.

En fin de journée

Après une dure journée de labeur, vous êtes fatigué et pressé de passer à autre chose.

Est-ce une raison pour laisser tout en plan et ne pas ranger, réordonner, nettoyer, … ?

Non. Car c’est vous qui retrouverez tout cela le lendemain matin. Et vous serez bien content de découvrir un espace rangé et ordonné. Croyez-moi : votre vous-du-lendemain matin remerciera votre vous-de-la-veille-au-soir.

Donc, avant de quitter votre lieu d’activité ou de travail, prenez le temps de ranger, réordonner, nettoyer, …

Vous pouvez aussi prendre soin de votre organisation :

  • faire le point sur les tâches réalisées ou seulement avancées,
  • gérer les nouvelles tâches,
  • fixer de nouvelles priorités,
  • planifier.

Ce sera toujours ça de fait pour bien choisir vos tâches le lendemain matin (voir le point précédent).

À noter que certains préconisent et préfèrent choisir les tâches à traiter le soir plutôt que le matin, comme je l’ai conseillé précédemment.

C’est à vous de voir.

Moi, je préfère faire cela le matin. Je suis plus reposé et moins influencé par les événements du jour : je considère mes choix plus justes.

N’importe quand

Voilà la porte ouverte à tout et n’importe quoi ! Et surtout un bon moyen de casser votre belle concentration si difficile à obtenir.

En fait, pas tant que ça …

Comme je l’ai dit plus haut, passées les 90 minutes de travail et de concentration, le cerveau peine : la pause s’impose alors.

Quitte à ce que votre concentration se soit dissipée d’elle-même, autant laisser filer !

Il y a plusieurs formes de pause. Celle dont je parle ici est la micro-pause, soit 5 à 15 minutes de pause toutes les 30 à 90 minutes de travail.

Ces durées, de pause et de travail, sont à moduler selon vos préférences, votre état et votre énergie, le type de tâche (répétitive, créative, …) et l’objectif (terminer ou avancer la tâche). Il n’y a pas de règle absolue.

Un bon moyen de ne pas louper sa pause, c’est de s’inspirer de la technique Pomodoro.

Pour faire simple :

  1. vous choisissez la ou les tâches à traiter ;
  2. vous réglez un minuteur sur la durée du travail souhaitée ;
  3. vous bossez tant que ça ne sonne pas.

Quand ça sonne, c’est l’heure de la pause !

Agir ainsi vous permettra de :

  • régénérer vos énergies, physique et psychologique pour maintenir votre efficacité ;
  • veiller à rester productif et aligné sur les tâches choisies et aucune autre.

Conclusion

Ralentir et réussir ne sont donc pas antinomiques.

Bien au contraire : ralentir est l’allié de réussir.

Vous devriez donc apprendre à ralentir pour mieux réussir et, surtout, arrêter de culpabiliser lorsque vous sentez le besoin de lever le pied.

En relisant cet article, je m’aperçois qu’il donne finalement beaucoup de conseils pour avoir une vie plus équilibrée et moins oppressante : alterner les temps d’action avec les temps de réflexion et les temps de détente, produire (accomplir ses tâches essentielles) et consommer (lire et se former), accorder du temps à ses proches ou à soi seulement, …

Une vie plus équilibrée et moins oppressante. Et si finalement c’était ça, la vraie réussite ?…

Une petite citation ?

Pour aller de l’avant, il faut prendre du recul. Car prendre du recul, c’est prendre de l’élan. MC Solaar, rappeur français (1969-)

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Jordane

Dans l’idéal ça serait comme ça que l’on agirait, mais on oublie un truc : le rythme que nous impose la société.
On est trop conditionné pour agir différemment, et les sales habitudes sont là pour entretenir ce truc qui fait de nous des robots en auto-pilote.
La question serait comment casser les croyances que tout doit aller toujours plus vite ?

Reply
Miguel

C’est tout à fait bien. La réflexion est indispensable à l’action juste. Il faut se perdre ni dans l’action, ni dans la réflexion, mais trouver un juste équilibre entre les 2. comme tu les dis, rien de pourra se réaliser sans l’action, mais on pourrait perdre beaucoup d’énergie a ne pas réfléchir judicieusement.
Finalement, la notion de réussite est personnelle. A chacun de trouver son équilibre, et tant pis pour ceux qui se mentent à eux-même: ils n’auront réussir qu’à se mentir à eux-même!

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